SUR LES TRACES DE SON ILLUSTRE PREDECESSEUR
Tout au long de sa présidence, Leon M'ba a été confronté aux tensions entretenues par les différentes formations politiques, pour la plupart à connotation tribale. A la lumiere de ce constat et pour réunir le peuple gabonais, Albert Bernard Bongo crée un parti unique le 12 mars 1968. « J'ai decidé de créer un nouveau parti, le Parti Democratique Gabonais. J'appelle tous mes compatriotes à une nouvelle prise de conscience que j'appelle Rénovation ». Avec pour devise « Dialogue, Tolerance et Paix », le PDG se fixe pour objectif de « créer et de maintenir sur le territoire gabonais un climat politique, économique et social propice à l'epanouissement (...) de la société gabonaise et d'y établir la paix et la démocratie (...) ».
Albert Bernard Bongo réussit le tour de force de rallier à sa cause plusieurs formations politiques dissidentes et, appliquant à lui-même la dévise du PDG, accorde toute sa mansuétude à ses détracteurs, en integrant dans sa formation des putschistes de 1964 (Eloi Chambrier, Emile Kassa Mapsi). Il déclarera d'ailleurs : « le sens politique c'est l'art de l'oubli ». Albert Bernard Bongo restera à la tete du Parti Democratique Gabonais jusqu'à la restauration du multipartisme, en 1990, cèdant alors sa place à Jacques Adiahenot.
1990 est une année charnière. En Afrique comme en Europe, un vaste mouvement de revendication démocratique se fait entendre. Le Gabon n'échappe pas à la règle. Dès le mois de janvier, une fronde sociale gagne le pays. De nombreuses grèves touchent Libreville et des émeutes sanglantes éclatent a Port Gentil. Face à cette tempête, Bongo, devenu Omar Bongo depuis sa conversion à l'Islam, fait preuve d'une sérénite remarquable. Conscient des risques de destabilisation qu'encourt le pays, il engage rapidement le Gabon sur la voie du multipartisme.
RETOUR AU MULTIPARTISME
Le 14 mars 1990, Omar Bongo annonce la tenue d'une conférence nationale en vue d'instaurer le multipartisme.
Cette rencontre se tient le 27 mars 1990 sous la présidence de Monseigneur Basile M've Engone. A cette occasion, ce ne sont pas moins de 75 formations et associations politiques qui voient le jour. Le 13 septembre 1990 sont organisées des élections législatives au cours desquelles vont s'affronter 553 candidats et 35 partis. Le PDG en sort toutefois victorieux, laissant à Omar Bongo la charge de désigner son premier ministre. Casimir Oye Mba est nommé premier ministre le 21 novembre 1990 et constitue son gouvernement d'ouverture.
En 1991, une nouvelle constitution instituant un regime semi-présidentiel est adopté à l'Assemblée Nationale. Elle garantit les libertés individuelles et publiques mais interdit la formation de partis politiques d'origine ethnique. Du 5 au 27 septembre 1994 se tient à Paris une table ronde avec toutes les formations politiques, qui donnera naissance aux « Accords de Paris ». Ces accords, ratifiés par referendum en juillet 1995, portent sur la mise en avant de la notion d'Etat et sur le renforcement du processus démocratique au Gabon. Le pragmatisme et le sens du dialogue du Président seront à l'origine d'une nouvelle coalition gouvernementale, propice à l'unité nationale nécessaire au bon developpement du pays.
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